fête de la science 2022
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Fête de la science 2022 : les secrets d’une organisation au top!

Ça y est ! Nous y sommes ! La fête de la science 2022 est lancée ! Du 7 au 17 octobre, la science sera mise à l’honneur partout en France ! Ce sera pour toi l’occasion de découvrir des laboratoires, des concepts scientifiques et pleins d’autres choses tout aussi passionnantes les unes que les autres !

En Isère, c’est la Casemate, nom donné au CCSTI, qui se charge d’organiser tout cela. Le CCSTI ? Kézako ? C’est le Centre de Culture Scientifique, Technique et Industrielle ! Un endroit incontournable si tu veux faire découvrir les sciences à ton enfant ! Il existe de nombreux CCSTI en France. Personnellement, je navigue entre la Casemate (CCSTI Isère, premier CCSTI en France) et la Galerie Eureka (CCSTI Savoie) puisque c’est par là que j’habite ! Mais je suis persuadée qu’il y a un CCSTI par chez toi ! Tu peux d’ailleurs en trouver la liste ici.

En l’honneur de la fête de la science, j’ai eu le plaisir d’échanger avec Maxime Carré, coordinateur de cet événement en Isère. Je te laisse découvrir avec moi les dessous de la fête de la science 2022 !

Bonjour, pouvez-vous nous dire quel est votre rôle au sein de la Casemate ?

Maxime Carré : mon rôle est de coordonner la fête de la science au niveau départemental, en Isère. Je suis également responsable éditorial de la plateforme ECHOSCIENCES Grenoble, c’est-à-dire que je suis en charge de vérifier que ce qui est publié respecte notre ligne éditoriale. ECHOSCIENCES est un espace d’information, d’échanges, de ressources et de connexion entre les différents acteurs du monde scientifique, ndlr

Je suis arrivé à la Casemate au mois de juin. C’est ma collègue, Marion Sabourdy, qui a fait la première phase de préparation de la fête de la science 2022, à savoir la coordination des porteurs de projets et la recherche des participants et organisateurs d’événements.

La Casemate, Grenoble, premier CSTI de France, coordonne la fête de la science en Isère

C’est donc au coordinateur départemental de recruter les porteurs de projet pour la fête de la science ?

M.C. : La fête de la science a 31 ans aujourd’hui donc elle commence à être bien rodée. Tous les ans il y a une thématique qui émerge. Cette année il s’agit du réchauffement climatique. Les coordinateurs départementaux découvrent cette thématique à peu près au mois de novembre. A partir de ce moment-là, un travail de prospection commence. Il s’agit de démarcher de potentiels porteurs de projet qui pourraient présenter leur thématique lors de la fête de la science.

Grâce à notre expérience, on a une base de porteurs de projets potentiels qui est assez conséquente. C’est vers ces personnes que l’on va se tourner en premier lieu. Mais le changement de thème de façon annuelle permet d’ouvrir le champ des potentiels. Par contre certaines personnes ne sont pas intéressées par le thème donc ne participent pas forcément tous les ans. C’est comme ça qu’on entretient un peu la dynamique.

Qui choisit ce thème ?

M.C. : C’est le Ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation qui organise la fête de la science. C’est lui qui choisit le thème général et qui est responsable de la communication large à l’échelle nationale.

Il existe des coordinations régionales de la fête de la science. Puis des coordinations départementales pour pouvoir intervenir plus précisément sur chaque département et faire ce travail de prospection, de discussion et d’accompagnement sur la production de contenu.

Il y a des personnes qui peuvent se sentir intéressées par la thématique mais qui n’ont pas forcément l’idée du contenu à proposer dans ce cadre-là. Le rôle du coordinateur c’est l’ingénierie culturel pour concevoir des contenus qui seront adaptés à une ou plusieurs cibles dans la thématique de la fête de la science.

Toutes les activités proposées dans le cadre de la fête de la science répondent au thème ?

M.C. : On essaye au maximum. Le thème est un élément central du programme général. Malgré tout on a certains événements qui sont légèrement éloignés du thème. On essaye alors de proposer au porteur de projet de présenter leur activité en essayant au maximum de faire des liens avec la thématique générale. C’est plutôt un engagement de la part des porteurs de projets. On n’impose rien, ce n’est pas la culture de la fête de la science : c’est-à-dire rapprocher les citoyens et les acteurs de la science dans la convivialité et le partage.

Donc on n’essaye de ne pas être trop rigide sur cet aspect thématique. On est beaucoup plus rigide sur l’aspect visée politique/diffamante ou fondé sur des théories scientifiques qui ont été prouvées comme étant fausses. C’est projets sont alors recalés très rapidement.

Le réchauffement climatique, thème central de la fête de la science 2022

La fête de la science s’adresse à tout le monde, du plus petit au plus âgé ?

M.C. : Absolument, c’est vraiment l’idée de l’événement. C’est au maximum universel.

On a 2 programmes. Le premier pour les particuliers. On a des événements pour des enfants à partir de 2 ans (ce n’est pas la majorité), puis après ça monte progressivement 2-5 ans, 6-12, 12-15 et ensuite adolescents/adultes.

Et on a un programme dédié au scolaire. Donc là on passe directement auprès du rectorat qui est en charge ensuite de le diffuser dans les différents établissements grenoblois, de la maternelle au lycée.

Pourquoi est-il important de vulgariser les sciences, de les amener au grand public ?

M.C. : L’intérêt que nous, on trouve à rapprocher la science du citoyen, c’est la notion de partage. C’est une notion clé dans la fête de la science. Il y a aussi une notion de convivialité, de restauration de la confiance parfois. En effet, dans certains contextes des personnes peuvent être en rupture avec le discours scientifique ou en être éloigné. A travers cela, on cherche à lutter contre les « fake news », ça c’est un des éléments principaux.

Il y a aussi une volonté de promotion de l’esprit scientifique. On souhaite nourrir la créativité, l’imagination, l’inventivité, l’ingéniosité du public de tout âge. Sur le jeune public on va surtout semer la graine de la science et les mécanismes associés dans leur esprit pour en faire peut-être les scientifiques de demain. Ou pas ! Mais en tout cas, que la science ne soit pas un objet extraterrestre dans leur esprit. Quel que soit leur parcours, on cherche à faire une éducation à l’esprit critique.

Les porteurs de projet encouragent les débats dans chacun des événements, l’ouverture d’esprit et le dialogue sont les bienvenus. La fête de la science, ce n’est pas forcément donner une information mais plutôt proposer une information et être en mesure d’accepter qu’elle soit discutée.

Quels sont les ingrédients qui expliquent le succès de la fête de la science?

M. C. : L’ouverture de lieux inaccessibles tout au long de l’année plait beaucoup. En effet, un certain nombre de laboratoires universitaires mais également des laboratoires du CEA et du CNRS ouvrent leurs portes à l’occasion de la fête de la science. Or, ces laboratoires ne sont pas accessibles au quotidien. Cela plait aux gens (de tout type et de tout âge) parce que ce sont des univers un peu fantasmés, parfois craint.

Je pense que le caractère ludique, présent dans un grand nombre des activités proposées, attire également. C’est rarement des informations très descendantes, c’est vraiment un partage. La fête de la science, c’est la possibilité de discuter, d’échanger. C’est une réelle interaction entre les citoyens et le monde scientifique.

Pour finir, ce sont des événements gratuits. C’est très important parce que c’est une des conditions essentielles pour la réussite de la fête de la science. D’ailleurs c’est une condition incontournable pour qu’un événement soit programmé : il doit être gratuit.

Du coup, tous les porteurs de projets sont des bénévoles ?

M. C. : Pas forcément puisqu’il y a des laboratoires et parfois des entreprises qui ouvrent leurs portes. On n’a pas beaucoup d’entreprises cette année, mais on en a eu par le passé et d’ailleurs on est vigilant sur le fait que ça reste dans un cadre de démonstration scientifique, et non pas commercial. Donc les acteurs ne sont pas forcément bénévoles mais tout ce qui est proposé est gratuit.

C’est aussi ce qui rend l’exercice difficile pour mobiliser les porteurs de projets puisque cet événement coûte de l’argent à la structure qui l’organise. Il faut alors la convaincre que cela rentre dans le cadre de sa mission initiale, ce pour quoi elle est faite.

Est-ce que vous avez des porteurs de projet qui au bout d’un moment vous dise que ça coûte trop d’argent ?

M.C. : Du retour d’expérience que j’ai, pas forcément. Les personnes qui ne participent pas ou plus parlent plutôt de priorisation des projets qu’ils ont à mener. L’argent n’entre pas en ligne de compte. C’est un événement qui a 31 ans et qui est un peu intégré dans la culture. La gratuité, ça ne se discute pas. C’est très agréable en tant qu’organisateur.

Il y a parfois des éléments qui nous sont proposés dans les phases de démarrage qui sont très intéressant mais payants. C’est un peu désagréable de se dire qu’on passe à côté de ça mais c’est la règle du jeu.

Est-ce que vous avez de plus en plus de porteurs de projets ?

M.C. : C’est en progression. Il y a eu un coup d’arrêt sur la période covid. C’était plus compliqué puisqu’il y avait une phase de dématérialisation. Les porteurs de projet n’étaient pas tous en capacité de maitriser la technologie puis après d’assurer le côté technique pour dématérialiser ce qui était proposé.

Mais maintenant, il y a une belle progression, on a 45% d’augmentation par rapport à l’année dernière. On est passé de 26 porteurs de projets à 38 sur tout le département. Ce qui correspond à plus de 220 activités, ce qui est en très forte progression.

Un porteur de projet à souvent plusieurs événements pour profiter de la visibilité. Cela lui permet également de pousser 3, 4 voire 5 activités sur une programmation telle que celle de la fête de la science, en fonction de ses moyens et ressources disponibles.

Si j’ai bien compris, vous aidez les porteurs de projet à rendre leur activité accessible auprès du public ?

M.C. : Absolument. On a une charte sur laquelle on s’appuie pour dire « oui », « oui mais » ou « non » aux porteurs de projets. Et effectivement, si c’est un « oui mais » notre rôle est de construire avec eux, et de faire une programmation (animation, conférence, visite, le format peut-être très varié). Bien sûr, on s’inspire de ce qui a pu être fait par le passé pour faire quelque chose de nouveau. Il nous arrive même de recevoir des personnes qui aimeraient bien présenter quelque chose mais elles ne savent pas du tout comment. Là, aussi, notre rôle est de construire quelque chose avec elles.

Lorsque vous construisez quelque chose comme ça, vu que c’est gratuit pour le public, qui va débourser ? La structure ? La casemate ?

M.C. : La casemate finance une personne consacrée au travail d’ingénierie. Ce n’est pas un temps plein sur la fête de la science puisque d’autres projets nous mobilisent mais c’est une part importante du poste.

fête de la science 2022
Le programme de la fête de la science 2022 en Isère est disponible ici

Est-ce que la casemate propose des événements dans le cadre de la fête de la science ?

M.C. : On essaye de plus en plus de proposer des choses.

On est coordinateur donc on ne met pas plus en avant nos événements que les autres. Mais effectivement dans le cadre de la fête de la science, on a une programmation à la casemate à destination des scolaires (Expositions sur les 4 saisons pour les plus petits et une sorte d’escape game pour découvrir le Fab Lab pour les collégiens). Un Fab Lab est un lieu accessible aux particuliers qui peuvent y trouver des outils (pilotés par ordinateur ou non) pour créer, inventer, laisser libre cours à notre imagination (ndlr).

En terme de programmation un peu plus formelle, on a eu un événement le 6 au soir qui s’appelle le Commando de Lutte contre le Réchauffement Climatique avec l’intervention d’une troupe de théâtre qui s’appelle Anoukis autour des questions du réchauffement climatique. C’était plutôt un événement artistique, culturel, du spectacle vivant.

Dans le cadre de la fête de la science on a également intégré à notre programmation une soirée en mode Coop. Il s’agit d’un format en présentiel qui est retransmis sur internet où des scientifiques viennent discuter de leur thématique de travail à l’appui d’un jeu vidéo. Le but c’est d’analyser ce qui se passe dans le jeu vidéo et voir comment cela fait écho à des événements réels ou pas, traités par la science.

Autre événement à destination des tout petits (2-4 ans) qui est déjà bien plein : l’aventure polaire. C’est une animation proposée le 15 octobre dans nos murs et portée par une association qui s’appelle Ebullarium. Il y a une présentation de l’environnement polaire, une manipulation du froid et une démonstration autour de cette ambiance polaire.

On essaye au maximum de communiquer dessus sans donner l’impression de communiquer trop. On essaye vraiment d’être vigilant pour ne pas empiéter sur notre rôle de coordinateur.

Est-ce qu’il faut s’inscrire aux animations ?

M.C. : Chez nous effectivement il y a nécessité d’inscription mais ce n’est pas forcément le cas pour toutes les activités dans le programme de la fête de la science. Certains font le choix de restreindre l’accès, d’autre pas. Etre dans un bâtiment comme le nôtre implique des jauges à respecter. Typiquement pour l’aventure polaire, c’est une des seules activités pour ce public (les tout petits, ndlr) donc je pense que c’est pour ça que cela a intéressé du monde et qu’on a rempli aussi vite.

Le ministère propose une charte pour le programme de la fête de la science et y intègre la capacité de personnes. On s’interroge parfois à la laisser ou pas. Mais cela permet d’avoir une jauge parce que selon les cas, on peut être déçu par la fréquentation et d’autre fois dépassé. Cela permet malgré tout d’avoir une idée du nombre de personnes qu’on va avoir. En tout cas il y a une vigilance à avoir pour le public pour savoir s’il faut réserver ou pas.

A quelle fréquence vous attendez-vous pour cette année ?

M.C. : Plus d’un millier de personnes. La fête de la science fait l’objet d’une évaluation qui est rendu public par la suite. Les chiffres seront sur le site de la Casemate. L’objectif chaque année, c’est de faire mieux que l’année d’avant. Pas vraiment d’autre objectif !

3 mots pour caractériser la Fête de la Science 2022 ?

La question est difficile ! Je risque de trouver des mots qui pourraient caractériser la fête de la science de chaque année ! Mais essayons de trouver des mots spécifiques à l’édition 2022 !

La fête de la science 2022 est d’actualité, riche et en expansion territoriale.

C’est vrai qu’on n’en a pas parlé mais la fête de la science est de plus en plus présente sur les territoires. D’ailleurs, un acteur qui est très important sur lequel on peut mettre un peu la lumière lors de la fête de la science, ce sont les médiathèques. Le réseau de médiathèques est vraiment un outil hyper important pour intervenir sur un territoire à l’échelle d’un département. En effet on a quand même beaucoup de zones qui sont peu denses, où on n’a pas forcément les acteurs associatifs ou privés qui sont en mesures de porter des événements. Mais les médiathèques sont présentes dans ces fameuses zones peu denses et permettent d’apporter la culture scientifique dans ces territoires.

Les médiathèques sont en quelques sortes le relais de la fête de la science?

Ce sont des relais qui se montent de plus en plus sous forme de réseau organisé et auprès desquels on est en mesure de travaille. On peut concevoir ou co-concevoir avec eux des formats qui sont proposés à moindre coût, accessible même pour les petites bibliothèques dans ces réseaux-là.

Les acteurs du monde scientifique sont très grenoblois mais dès qu’on s’éloigne de la métropole, on a moins d’acteurs scientifiques. On essaye de plus en plus d’impliquer le monde industriel qui est un peu plus présent dans les territoires périphériques. Ce n’est pas forcément facile et on se méfie du greenwashing. Le greenwashing est le fait de profiter de la vague écologique qui déferle dans notre quotidien pour vendre tout et n’importe quoi sous prétexte que ce serait bon pour la planète, ndlr.

On a d’ailleurs refusé quelques propositions d’industriels ou d’entreprises. Ils allaient dans le sens de la promotion de la science autour du réchauffement climatique, de l’écologie, etc. Mais quand on leur demande d’enlever tous les éléments de communication qui pourraient faire penser que c’est de la pub, ils se désintéressent de l’événement. Mais on essaye de travailler dans ce sens parce que c’est un moyen d’être présent sur des zones où on n’est pas présent pour assurer cette mission, qui est celle de la casemate : la diffusion de la culture scientifique et technique auprès des habitants.

Voilà, tu en sais maintenant autant que moi sur l’organisation de la fête de la science. Un grand merci à Maxime Carré pour le temps qu’il a consacré à notre échange!

Alors, dis-moi, que vas-tu faire durant la fête de la science ?

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